Bonheur du jour Empire stamped by Antoine-Nicolas Lesage

Restauration d’un bonheur du jour Empire en placage d’acajou, estampillé Antoine-Nicolas Lesage. Ce meuble de dame, orné de bronzes dorés, date du début du XIXe siècle.

Ce bonheur du jour associe une table à écrire et un gradin. Un placage d’acajou habille toutes ses faces. Le gradin abrite de petits tiroirs, où les dames rangeaient leur courrier et leurs accessoires d’écriture. Un plateau coulissant gainé de cuir sert de surface d’écriture. Un tiroir en ceinture complète le rangement.

Des bronzes ciselés et dorés ornent les pieds et les montants du gradin. Les pieds se terminent par des griffes. De petites roulettes permettent de déplacer le meuble d’une pièce à l’autre. Ce décor sobre met en valeur la beauté de l’acajou et reflète bien le goût Empire.

Bonheur du jour Empire estampillé Lesage après restauration

Antoine-Nicolas Lesage (1784-1841)

Antoine-Nicolas Lesage naît à Paris le 14 novembre 1784 et y meurt le 23 mai 1841. Vers 1812, il ouvre son premier commerce au 2 boulevard des Italiens. En 1821, il fonde l’Union des Arts au 2 rue de la Grange-Batelière.

Cette maison vend des meubles, des bronzes, des pendules, des porcelaines et des tissus d’ameublement. Sa clientèle réunit l’élite française et étrangère. Lesage présente même ses pièces à Londres, sur Regent Street, en 1825 et en 1826.

En 1837, il s’installe au 11 rue de la Chaussée-d’Antin, dans l’hôtel Pernon. L’année suivante, il s’associe à son employé Victor-Hyacinthe Grandvoinnet et fonde la maison Lesage et Grandvoinnet. Honoré de Balzac cite son commerce dans La Peau de chagrin.

Lesage est avant tout un marchand. Pourtant, Denise Ledoux-Lebard le cite dans son ouvrage sur les ébénistes parisiens du XIXe siècle. Comme beaucoup de marchands de l’époque, il a pu confier une partie de sa production à des ateliers extérieurs. Son estampille atteste en tout cas la provenance du meuble : ce bonheur du jour porte la marque ANTOINE-NICOLAS LESAGE. Sur d’autres exemplaires, elle s’accompagne de l’adresse « Rue Grange-Batelière, nº 2, à Paris », celle de l’Union des Arts.

Le bonheur du jour, un meuble de dame

Le bonheur du jour apparaît vers 1760, sous Louis XV. On l’appelle d’abord « table à gradin ». Il remplace le bureau de pente et s’impose comme le meuble féminin par excellence. Les dames l’installent dans leur boudoir, pour écrire. Selon la pièce, il sert aussi de secrétaire, de chiffonnier ou de coiffeuse.

Son nom vient de ses gradins remplis de tiroirs et de petites cachettes. Les dames y glissent leur courrier et leur correspondance intime. C’est là leur « bonheur du jour ». Vous pouvez aussi découvrir un bonheur du jour Transition estampillé Guillaume Cordié.

Après 1789, le meuble perd de sa faveur. Les ébénistes ne créent plus guère de modèles nouveaux et reprennent surtout les formes à succès. Sous l’Empire, le gradin demeure, mais le décor change. L’acajou domine alors l’ébénisterie parisienne, avec de larges surfaces de placage. On retrouve souvent des pieds en gaine ou à griffes, bagués de bronze doré, et des plateaux coulissants gainés de cuir. Les bronzes dorés, d’inspiration antique, soulignent les lignes sobres du meuble. De petites roulettes facilitent aussi son déplacement.

Bibliography

  • Les ébénistes parisiens du XIXe siècle – Denise Ledoux-Lebard – 1965
  • La Peau de chagrin – Honoré de Balzac – 1845

State of affairs report

Ce bonheur du jour présentait plusieurs désordres à son arrivée à l’atelier. Le plateau s’était décollé de sa structure. De plus, de nombreux petits manques de placage d’acajou parsemaient l’ensemble du meuble. Par ailleurs, une couche d’encrassement ternissait les bronzes dorés. Enfin, le vernis, usé, avait perdu son éclat.

The Restoration

Nous avons d’abord recollé le plateau. Ensuite, nous avons restitué chaque manque de placage en acajou. Comme d’habitude, chaque greffe suit le pourtour de la zone abîmée, afin de conserver un maximum de bois d’origine.

Puis un gel nettoyant a dégagé les bronzes dorés de leur encrassement, sans agresser la dorure. Enfin, nous avons repris la finition à la gomme laque, au tampon, pour redonner au meuble un éclat chaud et profond.

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