Bureau dos d’âne Louis XV

Ebénisterie Mathieu VATH

Voilà deux semaines qu’a commencé la restauration d’un joli bureau dos d’âne ou comme le dit Riesener dans ses mémoires d’un « secrétaire à tombeau ». L’étape de restauration étant terminée et le vernis commencé, je prends le temps de faire un petit résumé de cette restauration. Ce bureau est en chêne et en sapin pour le bâti et plaqué de bois de rose et de bois de violette ainsi que d’une marqueterie florale sur l’abattant composée de buis, érable naturel et teinté et de charme. Il est composé d’un grand tiroir en ceinture surplombé de deux autres plus petits. L’abattant maintenu par des compas en laiton laisse découvrir un intérieur composé de cinq tiroirs et d’une tirette secrète au centre. D’ailleurs sur cette photo nous pouvons très bien voir les couleurs d’origines qui n’ont pas été exposées à la lumière. Pour ce qui est du constat d’état : pour la structure du meuble il n’y a rien de bien méchant. Mis à part une très grosse fente sur le côté droit qui laisse une déformation sur le parement d’environ 5mm. Le plus gros problème comme souvent est, à part les manques de placages faciles à identifier, la très grande déshydratation des colles. Cela se voit très bien sur les photos de l’abattant et sur les côtés. La restauration : Pour les manques de placage, ils ont été comblés par du placage de bois de rose et de bois de violette sciés, préalablement raclés, poncés, remplis et oxydés puis ils ont été mis à la bonne épaisseur en enlevant de la matière, en contre parement, en fonction de l’ épaisseur souhaitée pour la greffe. Toutes les surfaces ont subi un ré-hydratation des colles par infiltration pour garantir le moins de manipulations possibles pouvant engendrer une plus forte dégradation du meuble. Cas particulier pour la tirette qui était trop endommagée pour être réhydratée par infiltration. En effet, je ne pratique que très rarement la dépose de placage. Etape extrêmement traumatisante pour un meuble et à utiliser qu’en cas d’extrême nécessité. Ce qui était le cas, car le panneau de la tirette était complètement bombé et ne permettait plus l’ouverture de celle-ci. De plus, c’était une petite surface donc une étape facile à assurer pour garantir un travail de qualité. Après avoir recollé tous les placages, j’ai décapé le meuble avec un décapant adapté à la restauration de mobilier, puis j’ai commencé le rempli à la ponce, le vernis et les réintégrations chromatiques. Maintenant, il ne reste plus qu’à laisser « tirer » le vernis entre les couches, étape qui va s’étendre sur un mois environ. Sur cette photo on peut voir que le bulbe de la fleur était teint en bleu. Mais teindre du placage na jamais été chose facile. L’artisan qui a réalisé cette fleur a, après avoir découpé celle-ci, fait tremper son placage dans la teinte. Mais le bain n’a pas été assez long et la teinte n’a pas pénétré à coeur dans le bois. On le voit très bien au niveau des traits de scie, qui eux, gardent la couleur, alors que le ponçage excessif en surface a fait disparaitre la couche teintée. La suite dans quelques semaines…..