Restauration d’une commode dite Mazarine, d’époque Louis XIV, en placage de laiton et d’ébène sur une structure en conifère.
Ses tiroirs sont en arbalète : deux tiroirs en longueur, surmontés de deux demi-tiroirs séparés par un montant intermédiaire. Leurs façades sont en résineux, leurs côtés et leurs fonds en noyer. Le décor de laiton qui porte les poignées pendantes présente une fine marqueterie de volutes, de rinceaux, de végétaux et d’arabesques. Un cartouche géométrique de laiton l’encadre et simule les entrées de serrure. La commode repose sur quatre montants à consoles balustres saillantes, prolongés par des pieds toupie. Les montants avant sont marquetés sur les trois faces en façade et seulement sur les côtés visibles à l’arrière.
Le plateau est ceint d’une lingotière moulurée, d’un congé et d’un bec de corbin. Sa marqueterie forme un sobre décor géométrique de bandes de laiton gravées, terminées aux quatre angles par des écoinçons. Au centre, une réserve ornée d’arabesques, de rinceaux, de mascarons, d’oiseaux, de singes et d’insectes abrite un danseur. Il se tient sous un panier fleuri, entre deux angelots à cheval.
Les panneaux latéraux reprennent ce décor. Une fine composition y montre, sous un dais, parmi masques et rinceaux, un personnage oriental entouré d’un singe musicien et d’oiseaux.

Constat d’état
Comme d’habitude sur les meubles en marqueterie de métal, la quasi-totalité du laiton se décollait. La structure était en bon état, hormis quelques fentes sans gravité sur le plateau et les côtés. Il manquait une dizaine de pièces de laiton. À noter : une étrange oxydation verdâtre du laiton du plateau, probablement due à la composition du vernis.



























La restauration
Nous avons recollé tous les laitons. Certains l’ont été par infiltration de colle. Les autres, quand leur dépose ne risquait pas de les abîmer, ont été déposés, nettoyés et recollés à la colle de poisson.













Nous avons ensuite retiré l’ancien vernis avec un décapant adapté à la restauration du mobilier, puis repoli les surfaces à la ponce soie.

Pour finir, nous avons verni la commode au tampon avec un vernis dit Roubo. Nous l’avons ensuite dépolie à la paume de la main, au tripoli de Venise et à l’eau. Une légère couche de cire microcristalline donne enfin au meuble un aspect soyeux et chaleureux. J’ai aussi fait évoluer ma méthode de nettoyage des bronzes : je les ai nettoyés à la vapeur. J’évite ainsi les produits potentiellement corrosifs, qui pourraient les dégrader à l’avenir.
Vous pouvez retrouver le protocole de finition employé lors de cette restauration dans le Techné numéro 49 pages 108 à 116 dans la publication de Nathalie Balcar, Frédéric Leblanc et Marc-André Paulin « La protection de surface pour les meubles en marqueterie de métal du musée du Louvre : étude d’un vernis, entre formulations anciennes et expérimentations actuelles »

















Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/


Magnifique restauration .
Merci monsieur Marie
Quel travail remarquable pour l’amateur que je suis!
Bravo d’avoir repris la formule Roubo, plutôt que le traditionnel vernis au tampon à la gomme-laque née fin XVIIIe et toujours anachronique pour un meuble de cette époque.
merci, tout à fait d’accord avec vous au sujet du vernis tampon