Voici quelques images de la restauration d’un secrétaire estampillé Pierre Roussel (1723-1782).

Reçu maître ébéniste en 1745, Pierre Roussel s’installe rue de Charenton, dans le faubourg Saint-Antoine sous l’enseigne » L’image de Saint Pierre « . Grâce à ses qualités d’ébéniste et surtout de marqueteur hors-pair, il acquiert très rapidement une grande notoriété. En 1762, il devient juré de sa communauté. Dès 1767 il est considéré comme l’un des meilleurs ébénistes de son époque. Grandement apprécié par ses confrères, il devient député du corps des ébénistes en 1777 puis syndic deux ans plus tard. Ses productions abondantes et variées se sont adaptées à tous les styles du XVIIIe siècle, avec élégance et raffinement.


Vous vous demandez peut-être ce qu’est la marque JME ?
Le 20 août 1751 le parlement vote la constitution de la Jurande. »La cour ordonne que lesdites lettres patentes seront enregistrées… conformément néanmoins aux charges, clauses et conditions portées par lesdits arrêts de la Cour des 12 juillet 1745, 20 janvier 1749 et 21 mai 1751… »
La jurande est la communauté des menuisiers-ébénistes (JME).
Elle se compose d’un principal, ou syndic, et de six jurés. Elle règle les affaires courantes, choisit et vérifie les chefs-d’œuvre de maîtrise, surveille la qualité de fabrication des ateliers parisiens et pourchasse les ouvriers libres. Ses statuts sont établis en 1743 et enregistrés au parlement en 1751. Dès lors, le menuisier et le sculpteur sont séparés : ce dernier retrouve toutes ses prérogatives.
Quatre fois par an, les jurés font le tour de tous les ateliers. Ils frappent le poinçon de la jurande sur les ouvrages conformes à leurs critères, perçoivent une taxe de 10 sols et confisquent la marchandise défectueuse. À Paris, la marque est déposée au bureau de la jurande, sur une masse de plomb. En province, seuls les grands centres de fabrication, comme Lyon, appliquent ce système, avec leurs règlements locaux. Les tapissiers qui se fournissaient chez des ouvriers libres frappaient avec de fausses estampilles. La contrefaçon était sanctionnée par des amendes et des poursuites pénales.











BIBLIOGRAPHIE
- Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle – Pierre Kjellberg – Les Editions de l’Amateur – 2008
- Les ébénistes du XVIIIe siècle – Comte François de Salverte – Les éditions d’Art et d’Histoire – 1934

