Un beau travail de restauration et surtout de conservation pour cette jolie coiffeuse d’époque Empire. Son bâti est en chêne et peuplier, elle est plaquée de ronce d’acajou. Les côtés de tiroir et les fonds sont en acajou massif. Elle repose sur quatre pieds colonne terminés par des roulettes et réunis par une entretoise en H. La ceinture ouvre par un tiroir central, qui découvre une écritoire garnie d’un maroquin bleu, un plumier et deux casiers pour les encriers. Deux grands tiroirs, de chaque côté, accueillent le nécessaire de toilette. Le plateau porte un marbre blanc veiné de Carrare à cuvette. Il est surmonté d’une psyché encadrée de deux colonnes, coiffées de cassolettes en bronze ciselé et doré. Les garnitures de bronze, ciselées et dorées au mercure, sont d’origine. Le miroir au mercure aussi, comme le tissu au dos de la psyché, qui a miraculeusement conservé sa doublure de soie bleue d’époque. L’ensemble, de très grande qualité, est de production parisienne. On peut aisément l’attribuer aux frères Jacob.

Elle est entièrement démontable, sauf les pieds, assemblés par des tourillons. D’astucieux systèmes de vis et de tiges filetées permettent de démonter chaque élément. Outre l’aspect pratique pour le transport, ce démontage facilite surtout la finition au vernis au tampon, pour un résultat parfait. Ce qui confirme bien que le vernis au tampon est apparu au début du XIXeme siècle.






Le démontage a donc permis de restaurer chaque élément dans le moindre détail. Hormis quelques éclats et cloches de placage, ce meuble est en très bon état de conservation. Tout est là, sauf la tablette coulissante intérieure, qui manque.
J’ai donc remis en état toutes les cloches de placage par infiltration. J’ai réalisé les quelques greffes avec du placage ancien, déjà oxydé et à la bonne épaisseur, pour une surface parfaite. La tablette manquante a été reproduite avec des morceaux d’acajou récupérés sur un panneau de lit retrouvé dans un grenier. Elle est assemblée à rainure languette avec un fond en conifère exactement comme elle aurait pu être. Petite subtilité, j’ai volontairement laissé des traces d’outils à l’arrière afin de permettre la datation de cette restauration.

Chaque élément a ensuite été revernis au tampon, puis j’ai recollé les pieds une fois les bronzes nettoyés.

J’ai conservé le tissu : je l’ai fait nettoyer à sec, puis je l’ai reposé dans sa position d’origine. Seul le galon doré a été changé, car l’ancien n’était pas récupérable. J’ai collé dans la tablette un cuir bleu neuf doré au petit fer, en harmonie avec le tissu du dos de la psyché. J’ai simplement nettoyé les bronzes, dont la dorure est d’origine.














Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/
Vous pouvez retrouver cette coiffeuse aux Antiquités Stéphane Guin

