Coiffeuse Empire

Ebénisterie Mathieu Vath

Un beau travail de restauration et surtout de conservation pour cette jolie coiffeuse d’époque Empire. Son bâti est en chêne et peuplier, elle est plaquée de ronce d’acajou. Les côtés de tiroir et les fonds sont en acajou massif. Elle repose sur quatre pieds colonne terminés par des roulettes et réunis par une entretoise en H. La ceinture ouvre par un tiroir découvrant un écritoire garni d’un maroquin bleu, d’un plumier et de deux casiers pour les encriers ainsi que deux grands tiroirs de chaque côté pour le nécessaire de toilette. Le plateau est agrémenté d’un dessus de marbre blanc veiné de Carrare à cuvette surmonté d’un psyché encadré par deux colonnes, surmontées de cassolettes en bronze ciselé et doré. Les garnitures de bronze sont ciselées et dorées au mercure d’origine. Le miroir au mercure est d’origine ainsi que le tissu au dos du psyché qui a miraculeusement conservé sa doublure de soie bleue d’époque.L’ensemble est d’une très grande qualité et de production parisienne et l’on peut aisément attribuer aux frères Jacob.

Ebénisterie Mathieu Vath
Avant restauration

Elle est entièrement démontable à part les pieds qui sont assemblés avec des tourillons chaque élément est démontable grâce à d’astucieux systèmes de vis et de tiges filetées. Outre, l’aspect pratique pour le transport, l’utilité du démontage est avant tout destiné à rendre la finition au vernis tampon plus pratique et destiné à avoir un résultat parfait. Ce qui confirme bien que le vernis au tampon est apparu au début du XIXeme siècle.

Le démontage a donc permis de restaurer chaque élément dans le moindre détail. Ce meuble, à part quelques éclats et cloches de placage, est en très bon état de conservation. Tout est là. Excepté la tablette coulissante intérieure qui est manquante.

J’ai donc remis en état toutes les cloches de placage par infiltration. Et les quelques greffes de placages ont été réalisées avec du placage ancien. Ce qui m’a permis d’avoir une surface parfaite avec du bois déjà oxydé et à la bonne épaisseur. La tablette manquante a été reproduite avec des morceaux d’acajou récupérés sur un panneau de lit retrouvé dans un grenier. Elle est assemblée à rainure languette avec un fond en conifère exactement comme elle aurait pu être. Petite subtilité, j’ai volontairement laissé des traces d’outils à l’arrière afin de permettre la datation de cette restauration.

Ebénisterie Mathieu Vath
Tablette fait à neuf de façon traditionnelle

Chaque élément a ensuite été revernis au tampon, puis j’ai recollé les pieds une fois les bronzes nettoyés.

Ebénisterie Mathieu Vath
Collage après vernissage

Le tissu a été conservé, nettoyé à sec puis repassé dans sa position d’origine. Seul le galon doré a été changé car l’ancien n’était pas récupérable. Un cuir bleu neuf doré au petit fer a été collé dans la tablette afin de recréer une harmonie avec le tissu du dos de psyché. Les bronzes ont simplement étés nettoyés. La dorure est d’origine.

Ebénisterie Mathieu Vath
Pose du tissus
Ebénisterie Mathieu Vath
Après restauration
Ebénisterie Mathieu Vath
Après restauration

Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

Vous pouvez retrouver ce secrétaire aux Antiquités Stépahne Guin

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