Commode sauteuse Louis XV

Ebénisterie Mathieu VATH

La commode sauteuse a semble t-il été inventée sous le style régence, entre 1705 et 1730, par l’ébéniste Charles Cressent, et va se généraliser ensuite dans le style Louis XV. Elle se compose seulement de deux tiroirs ou deux rangs de tiroirs. Le corps doit être surélevé sur des pieds galbés mi-haut, la moitié de la hauteur du meuble devant être prise par le corps, l’autre moitié par les pieds. L’observateur a ainsi l’impression que le meuble possède des pattes lui permettant de sauter comme une grenouille. La largeur offre des formes droites, galbées ou en arbalète. Le plateau en marbre suit la ligne de la façade et des côtés. Une traverse horizontale sépare chaque tiroir, celle du bas est ornée d’un cul-de-lampe garni de bronze.

Ebénisterie Mathieu VATH
A son arrivée à l’atelier

Cette commode est en hêtre massif pour ce qui est du bâti et elle est plaquée de bois de rose encadré de bois de violette. Les trois traverses de façade sont plaquées de satiné.


Constat d’état

A son arrivée à l’atelier cette commode présentait un gros problème majeur, plus rien ne se tenait en place. Tous les assemblages et les collages étaient complètement désolidarisés les uns des autres et les pieds arrière étaient complètement décollés des panneaux de côtés. Il y avait aussi pas mal de manques de placage, dû justement au fait que le bâti était en mauvais état.


Restauration

Pour commencer, il a fallu démonter entièrement le meuble. Ça n’a pas été très difficile, la moitié du travail était déjà fait. Une petite surprise que j’apprécie énormément : une petite preuve du passage d’un ancien collègue avec cette inscription à peine lisible  » Restauré en 1881 le 11 Août ». Le démontage permet au passage d’identifier quelques traces d’outils et d’observer d’anciennes restaurations.

Ebénisterie Mathieu VATH
Restauré en 1881 Le 11 août
Ebénisterie Mathieu VATH
Traces de bédane

Après le démontage j’ai recollé les pieds arrière aux côtés. Puis j’ai réalisé une infiltration et un recollage sous vide en ayant effectué au préalable les greffes de placage manquant en prenant soin de les racler, de les poncer et de les mettre à la bonne épaisseur pour ne pas avoir à les reprendre lorsqu’elles seront collées. J’ai effectué la même chose sur les façades de tiroir. Pour les traverses j’ai recollé le placage de façon traditionnel à la cale chaude et au serre-joint.

Avant de procéder au recollage de la caisse, les panneaux ont été remis à la bonne largeur en collant une pièce de bois de chaque côté pour que celle-ci soit prise en rainure et ne se voit pas. Le bâti a été recollé à la colle de poisson.

L’ancien vernis a été ensuite décapé avec un décapant permettant de retirer simplement la pellicule de vernis sans toucher aux pores du bois, ce qui permet de garder l’ancien rempli. Les greffes ont ensuite été oxydées, puis j’ai appliqué un vernis au tampon avec une recette à base de sandaraque, d’élémi, de mastic en larmes et de gomme laque incolore. Une recette de vernis trouvé dans un ouvrage de la fin du XIXème siècle.

Ebénisterie Mathieu VATH
Après restauration

Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

One thought on “Commode sauteuse Louis XV

  1. C est merveilleux, ici j ai le bureau du directeur des prêts de la banque Lyonnaise. Bureau semblable à celui de Charles de Gaulle. J aimerais savoir comment nettoyer les bronzes sur les sabots, les poignées, serrures et coin du bureau. Moi le dessus du bureau est en cuir bordé d or. Est il semble être en même essence de bois que le vôtre. Je vais débuter la rénovation cette hiver. Merci c est encourageant de voir votre résultat. Vous faites de l excellent travail.

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