Cette semaine, restauration d’une commode Louis XVI à ressaut, plaquée de palissandre de Rio, d’amarante, de bois de rose et de bois de violette. Par ailleurs, des filets de buis et d’ébène forment un ruban enroulé, aux gravures remplies de cire rouge. Enfin, les pieds en gaine et les montants à pans coupés portent de fausses cannelures en ébène et buis.
Toutefois, aucune estampille ne permet d’attribuer ce très beau travail, aux bois d’une grande qualité.










La restauration
La restauration demandait peu de travail. En effet, un collègue était déjà passé par là il y a quelques années, et il avait bien travaillé. Il avait ainsi tout recollé à la colle animale, ce qui m’a facilité les quelques recollages et greffes de placage. Le plus ennuyeux, en revanche : les rayons du soleil et de la lune avaient fortement altéré le vernis.


J’ai donc retiré l’ancien vernis au tampon avec un décapant adapté à la restauration de mobilier. Peu agressif pour le bois, il conserve d’ailleurs le « fond » tout en retirant le film de vernis. Ensuite, j’ai appliqué la finition en usage à l’époque de la commode : le poli ciré.
Pourquoi le poli ciré ?
Quel bonheur de réaliser ce travail ! Certes, le vernis au tampon est réversible et ne gêne pas la conservation du mobilier. Mais il est complètement anachronique sur un meuble du XVIIIe siècle. En effet, ses premières mentions écrites dans le mobilier français ne datent que du premier quart du XIXe siècle. Le poli, lui, donne une surface bien plus douce et soyeuse. Et pour couronner le tout, il est très facile à entretenir et à rattraper en cas de rayure.

Pour cela, j’ai suivi la technique décrite dans « L’art du menuisier-ébéniste » d’André-Jacob Roubo (1774). Vous retrouverez d’ailleurs les outils utilisés dans l’illustration du livre ci-dessous.







Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

