Restauration d’un bureau plat double face à caisson d’époque Régence, plaqué uniquement de bois de violette. Ses côtés présentent un frisage en pointe de diamant, tandis que les faces des tiroirs forment un motif de dosse inversé. Chaque face ouvre par quatre tiroirs en ceinture, avec un tiroir central d’un côté. Par ailleurs, une lingotière ceint le plateau, garni d’un cuir doré aux petits fers. Le bureau repose sur huit pieds cambrés terminés par des sabots de capridé. Surtout, il porte deux bronzes emblématiques du corpus d’André Charles Boulle : le masque de Démocrite.
Les masques en bronze doré sont en effet récurrents dans l’œuvre de Boulle. L’inventaire après décès de 1732 mentionne les masques des philosophes grecs Démocrite et Héraclite.
Mais ce bureau n’appartient bien évidemment pas à la production du célèbre ébéniste. Les masques de Boulle ont été copiés de son vivant. Nous pouvons donc seulement attribuer ce bureau à un proche de l’atelier du maître. Nos bronzes sont d’ailleurs plus proches de ceux du bureau de l’électeur de Bavière, par BVRB I, que de ceux de l’atelier Boulle.
Vous trouverez sur le lien suivant une magnifique reproduction 3D du Démocrite de Boulle réalisée par Explovision.
https://chateaudechantilly.fr/numerisation-3d-mobilier-boulle
Bibliographie
- J-P. Samoyault, André-Charles boulle et sa famille, Genève, 1979).
- Collectif sous la direction de Mathieu Deldicque, André Charles Boulle Monelle Hayot, 2024

Constat d’état
Ce meuble présentait une très forte déshydratation des colles des surfaces plaquées. Il y avait de nombreux manques et arrachages de placage. La structure, quant à elle, était en bon état, excepté le plateau, fendu à trois endroits sous le cuir. À noter : une modification du XIXe siècle a transformé les deux tiroirs de gauche en un tiroir unique renfermant un coffre.






























La restauration
Pour commencer, nous avons déposé le cuir afin d’accéder aux fentes du plateau et de les brider. Nous avons alors découvert des vis, ajoutées lors d’une précédente restauration. Or l’ancien système de fixation par tourillon était encore présent. Nous l’avons donc remis en bon état et avons supprimé les vis.
Ensuite, nous nous sommes attaqués aux surfaces plaquées. D’abord, les façades de tiroir ont reçu une infiltration de colle sous vide. Puis nous avons réhydraté les côtés par infiltration, avant de les mettre sous presse avec un système de cale dure et cale molle, et un léger apport de chaleur. Sur les façades et les pieds, en revanche, nous avons déposé puis recollé à la colle chaude environ 90 % des placages.
Par ailleurs, nous avons restitué les lacunes de bois de violette avec du placage neuf scié, raclé, poncé, oxydé et rempli. Mis à la bonne épaisseur en contre-parement, il a ensuite été collé à l’aide d’une cale de forme. Après un décapage au gel de solvant, nous avons appliqué une finition au poli. Puis le cuir a retrouvé sa place. Enfin, nous avons nettoyé les bronzes au gel avant de les remonter.




















