Restauration d’une commode de l’est de la France, d’époque Louis XVI. Elle est en chêne et sapin massifs, plaquée de bois de bout de cytise, de noyer, de prunier, d’amarante, de bois de rose, de palissandre, de buis et de charme teinté vert.
Les poignées et les entrées de serrure ont été rapportées plus tard. En effet, les garnitures d’origine ont disparu : seuls restent les trous des poignées.
Voici un meuble qui n’a jamais été restauré. D’ailleurs, le placage atteint presque 4 mm par endroits. De plus, on voit des traces de lime, de rabot à dents et de peau de chien de mer sur les côtés.































Des côtés très déformés
Le gros problème venait des côtés, entièrement déformés. En effet, leurs planches de sapin massif sont posées à l’horizontale. Ainsi, en séchant, le bois s’est rétracté et fendu, formant des « vagues » de plus de 7 mm de creux.
J’ai donc dû déposer le placage des deux côtés. Sont alors apparues quelques traces d’outils, notamment de sciage et de fer à dents. Par ailleurs, le montage des côtés est devenu visible : rainure et languette pour les panneaux, tenon et mortaise avec les montants. C’est bien le travail d’un atelier de province.












La restauration
Une fois le placage retiré, des bandes de sapin massif ont comblé les manques de matière. Ensuite, une défonceuse guidée par un gabarit a rendu la surface parfaitement plane. Puis les greffes de placage ont été faites sur une cale tendue, avec une repousse au revers. Enfin, le placage des côtés a été recollé à chaud, sous vide.
Quant aux tiroirs, leurs placages ont été réhydratés par infiltration de colle sous vide, avec un léger apport de chaleur. Ainsi, le petit désaffleur entre le bois de bout et le bois de fil a disparu.






Pour finir, un décapant adapté a retiré l’ancien vernis, puis un vernis au tampon incolore a été appliqué.






