Somno

Ebénisterie Mathieu Vath
Ebénisterie Mathieu Vath
Avant restauration

Restauration d’un somno du début du XIX ème siècle plaqué de ronce d’acajou de Cuba. On peut dire qu’il a déjà été bien malmené par de précédentes restaurations. Les manques de placages et les retraits dimensionnels du bois ont été comblés par de la pâte à bois puis maquillé. Le problème est que l’on ne voit que cela !

Vous vous demandez peut-être ce qu’est un somno ?

Créé sous le Consulat, dans les premières années du règne de Napoléon Ier, le somno ou somneau se présente comme un petit meuble en forme de table cylindrique ou carrée, composée d’une partie fermée qui offre un espace de rangement. On le place dans la chambre à coucher, souvent à côté du lit pour servir de table de nuit. C’est sous l’Empire que cette table prend le nom de « somno », du latin somnus qui signifie « sommeil ».

Le somno en forme de piédestal sur socle est la norme dans le mobilier premier Empire. Son décor de bronze, placé en applique sur la face principale et parfois sur les côtés varie selon les fabricants et selon l’importance de la chambre à coucher où il figure. Il est moins centré que dans le style précédent sur les thèmes du sommeil et de la nuit. Sur les somnos de Jacob, on remarque fréquemment un vase-urne à anses, parfois une lampe antique. Sur ceux de Marcion, l’ornementation est particulièrement soignée. 

Le somno de l’Empereur à Compiègne de 1809 présente, lui, sur sa face principale un glaive à tête d’aigle attaché par des rubans à une couronne de laurier, sur ses faces latérales une grande flèche, et sur la frise des étoiles. Ici, le thème guerrier a prévalu. Comme pour plusieurs types de meubles, l’évolution du somno est liée à l’emploi des colonnes. Il ressemble à un secrétaire miniature, et l’ouverture ne se présente plus à l’arrière mais par une porte de face. Cette porte est souvent ornée d’un bas-relief. Le troisième modèle, le somno rond ou cylindrique, est fabriqué sous l’Empire mais sans connaître une grande diffusion.

Il en est de même pour le somno de forme trapézoïdale qui ne possède que quelques exemples de l’époque Restauration. Sous Louis-Philippe, un petit meuble rectangulaire à dessus de marbre succède au somno et demeure en usage tout au long du XIXème siècle, en concurrence avec les imitations des styles Louis XV et Louis XVI qui accompagnent les chambres à coucher de style. Ce meuble modeste est enfin dédaigné au XXème siècle où l’on le remplace aisément par un guéridon ou une table basse.

La restauration a donc consisté à recoller le plaquage à quelques endroits, puis à refaire le maximum de greffes de placage d’acajou afin de supprimer les bouchages de pâte à bois afin d’avoir quelque chose de plus harmonieux. Travail assez difficile au vue du nombre important de défaut sur ce meuble.

L’ancien vernis a ensuite été décapé puis j’ai oxydé mes greffes de placages et j’ai effectué un vernis au tampon incolore . Les pivots et le système de fermeture ont ensuite été révisés et ajustés.

Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

2 thoughts on “Somno

  1. Comme toujours, un commentaire super intéressant écrit par un passionné. Et un vrai travail d’artiste qui me laisse rêveur… Quelle patience et quel talent. La classe !

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