
Restauration d’un somno du début du XIXe siècle, plaqué de ronce d’acajou de Cuba. Disons-le, de précédentes restaurations l’avaient bien malmené. En effet, on avait comblé les manques et les retraits du bois à la pâte à bois, puis tout maquillé. Résultat : on ne voyait plus que ça !
Mais d’abord, un peu d’histoire.
Qu’est-ce qu’un somno ?
Le somno apparaît sous le Consulat. C’est une petite table de nuit, ronde ou carrée, avec un rangement fermé. Son nom vient d’ailleurs du latin somnus, le sommeil.
Sous l’Empire, il prend le plus souvent la forme d’un piédestal sur socle. Son décor de bronze varie selon le fabricant et la chambre à laquelle il est destiné. Ainsi, chez Jacob, on trouve souvent un vase-urne ou une lampe antique, tandis que Marcion soigne particulièrement l’ornement.
Par exemple, le somno de Napoléon à Compiègne (1809) porte un glaive à tête d’aigle, noué à une couronne de laurier. Ici, le thème guerrier l’emporte donc. Ensuite, avec l’emploi des colonnes, le somno prend l’allure d’un petit secrétaire, ouvert par une porte en façade. Quant au modèle rond, on le fabrique aussi sous l’Empire, mais il se diffuse peu.
Sous la Restauration, le somno se fait plus rare. Puis, sous Louis-Philippe, un petit meuble rectangulaire à dessus de marbre le remplace. Enfin, au XXe siècle, le guéridon et la table basse prennent le relais.



















La restauration
D’abord, j’ai recollé le placage par endroits. Ensuite, j’ai refait le plus possible de greffes d’acajou, pour éliminer la pâte à bois et retrouver un ensemble harmonieux. Ce fut d’ailleurs un travail assez difficile, vu le nombre de défauts.
Puis l’ancien vernis a été décapé, les greffes oxydées, et un vernis au tampon incolore appliqué. Enfin, les pivots et le système de fermeture ont été révisés et ajustés.




Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/


Comme toujours, un commentaire super intéressant écrit par un passionné. Et un vrai travail d’artiste qui me laisse rêveur… Quelle patience et quel talent. La classe !
Merci beaucoup