Restauration d’une table de salon ou plus précisément d’une table à écrire d’époque Louis XV. Elle est plaquée de bois de rose et de bois de violette, et de satiné à l’arrière. Issus de la passion pour la correspondance au XVIIIe siècle, les marchands à la pointe de la mode déploient toute leur ingéniosité. Ils créent de multiples modèles de tables utilitaires, à disposer au centre d’une pièce. Elles se distinguent des tables ordinaires : elles comportent généralement une tablette formant pupitre et des tiroirs pour l’encre et les plumes.
Le terme de « table-écritoire » apparaît pour la première fois à la fin du XVIIe siècle, dans l’inventaire général du mobilier de la Couronne. On disait aussi « table en écritoire ». On y trouve par exemple en 1681 : «Une table qui s’ouvre, par-dessus à deux guichets, garnie par-dedans d’un escritoire, et par-dehors de velours rouge… ».

Cette table est arrivée à l’atelier en plutôt bon état général. La structure ne présentait pas de fissures, et les placages très peu de décollements. Les principales dégradations venaient en fait d’une restauration excessive, au ponçage trop poussé. Outre quelques greffes qui avaient mal vieilli, de multiples perces étaient malheureusement gênantes, surtout sur les angles et sur le placage de satiné à l’arrière.











Pour ne pas causer davantage de dégâts, nous avons travaillé dans un esprit de conservation. Nous avons restitué les quelques manques de placage avec du placage scié, raclé, poncé et mis à la bonne épaisseur en contre-parement, puis collé à la colle chaude. Nous avons repris la plupart des petites perces à l’aquarelle, entre deux couches de vernis. Nous avons masqué les perces plus importantes du satiné par une très fine feuille, un copeau tiré au rabot dans du placage de satiné, puis retouché à l’aquarelle.
Après avoir oxydé les greffes, nous avons appliqué un vernis au tampon incolore.






Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

