Restauration d’un important cartel (137 cm de hauteur) et de son cul-de-lampe à consoles, d’époque Régence. En chêne massif, il est plaqué en marqueterie Boulle d’écaille de tortue brune et de laiton. De plus, des guirlandes fleuries, des croisillons et des feuillages l’ornent. Par ailleurs, son cadran en bronze ciselé et doré porte des entrelacs et des oiseaux. Ses chiffres romains sont émaillés, et une réserve porte la signature St Martin à Paris. D’ailleurs, la platine porte le même nom. Enfin, sur le chapiteau, des bronzes ciselés et dorés représentent Hébé et l’Aigle de Jupiter. On y trouve aussi des têtes de chimères, des coquilles, des rinceaux, des bustes d’hommes et de femmes, des amours, un putto enrubanné et des visages coiffés de plumes.

Hébé et l’Aigle de Jupiter
Hébé est l’allégorie de la jeunesse éternelle, que les Romains appellent « Juventas ».
Ainsi, déesse de la jeunesse éternelle, elle sert le nectar à la table des dieux, avant que Ganymède ne la remplace. Quant à l’aigle, il représente Zeus, son père.
Je vous propose donc une lecture de la symbolique des bronzes de ce cartel. Celle-ci se fait d’ailleurs de bas en haut.


Par ailleurs, Antoine Saint-Martin, fils de Paul-Jean, s’installe à Paris rue des Fossés-Saint-Germain en 1715. Puis il demeure place Dauphine de 1741 à 1748. Juré en 1734, il fonde ainsi une dynastie d’horlogers qui exercera jusqu’en 1870.
Constat d’état
Comme toujours avec la marqueterie Boulle, la plupart des laitons s’étaient décollés, et il fallait restituer des manques. De plus, des fentes marquaient le fond du cul-de-lampe à trois endroits, tout comme la porte arrière et le chapiteau. Bref, toutes les colles avaient séché et plus rien ne tenait, pas même les assemblages de la caisse.



























La restauration
Nous avons donc recollé tous les éléments du cartel, structurels comme plaqués. Pour cela, nous avons effectué tous les collages sous vide. Ensuite, nous avons restitué les manques de laiton et d’écaille, collés comme le reste à la colle de poisson.

Puis nous avons comblé les joints des traits de scie au mastic Roubo, avant d’appliquer une fine couche de vernis incolore au tampon. Enfin, nous avons simplement nettoyé les bronzes à la vapeur d’eau chaude.























Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

