Voilà deux semaines qu’a commencé la restauration d’un joli bureau dos d’âne ou comme le dit Riesener dans ses mémoires d’un « secrétaire à tombeau ».
Comme l’étape de restauration est terminée et le vernis commencé, je prends le temps d’en faire un petit résumé.

Description du bureau
Son bâti est en chêne et en sapin, plaqué de bois de rose et de bois de violette. De plus, l’abattant porte une marqueterie florale en buis, en érable naturel et teinté et en charme. Par ailleurs, le bureau compte un grand tiroir en ceinture, surmonté de deux plus petits. Enfin, l’abattant, tenu par des compas en laiton, découvre un intérieur de cinq tiroirs, avec une tirette secrète au centre.
D’ailleurs, cette photo montre très bien les couleurs d’origine, restées à l’abri de la lumière.

Constat d’état
Rien de bien méchant pour la structure, hormis une très grosse fente sur le côté droit, qui déforme le parement d’environ 5 mm.


Outre les manques de placage, faciles à repérer, le plus gros problème est donc, comme souvent, la forte déshydratation des colles. Cela se voit d’ailleurs très bien sur les photos de l’abattant et des côtés.
La restauration
D’abord, j’ai comblé les manques avec du placage scié de bois de rose et de bois de violette, préalablement raclé, poncé, rempli et oxydé. Ensuite, je l’ai mis à la bonne épaisseur en retirant de la matière en contre-parement, selon l’épaisseur voulue pour chaque greffe.











Puis j’ai réhydraté les colles de toutes les surfaces par infiltration. En effet, cette méthode limite les manipulations, qui risqueraient d’abîmer davantage le meuble.




Toutefois, la tirette était un cas particulier : trop endommagée pour être réhydratée par infiltration. Or, je ne dépose que très rarement un placage, car c’est une étape très traumatisante pour un meuble. Mais c’était ici un cas d’extrême nécessité : le panneau de la tirette était complètement bombé et elle ne s’ouvrait plus. De plus, la surface était petite, donc l’opération facile à maîtriser.





Après avoir recollé tous les placages, j’ai décapé le meuble avec un décapant adapté à la restauration de mobilier. Ensuite, j’ai commencé le rempli à la ponce, le vernis et les réintégrations chromatiques. Maintenant, il ne reste plus qu’à laisser « tirer » le vernis entre les couches, une étape qui va durer environ un mois.


Enfin, cette photo montre que le bulbe de la fleur était teint en bleu. Mais teindre du placage n’a jamais été chose facile. Ainsi, après avoir découpé la fleur, l’artisan a fait tremper son placage dans la teinte. Pourtant, le bain n’a pas duré assez longtemps, si bien que la teinte n’a pas pénétré à cœur. On le voit d’ailleurs aux traits de scie, qui gardent la couleur, alors qu’un ponçage excessif a fait disparaître la couche teintée en surface.
La suite dans quelques semaines…..


Quel artiste êtes vous…! je fais souvent de la petite restauration voir minime de meuble, tiroirs gondolés, réglages en tout genre et dans mes temps perdus, j’adorerai travailler, a titre gratuit bien sur avec vous,.
Peut être à ma retraite, je dois dire être menuisier ébéniste de métier, métier que mes mains on gardées mais que je n’ai peu continuer faute de changement de carrière…Bravo, j’adore vos articles
Bonjour,
Merci beaucoup.
C’est avec un grand plaisir que je vous accueillerai à l’atelier.