Restauration d’un petit cabinet de table (hauteur 14,3 cm, largeur 17,3 cm, profondeur 13 cm), sans doute un modèle de voyage. Il est en bois massif, avec un décor d’intarsia sur toutes ses faces. Un abattant y cache huit tiroirs ; d’ailleurs, celui du bas en simule deux.

Sa composition est très riche, puisqu’elle associe huit essences. Le bâti est en sapin, et en cerisier pour les parties visibles. De larges réserves centrales en érable sycomore y sont incrustées. Autour, des bandes de prunier les encadrent, puis un filet de doubles bandes de prunier et de buis. Enfin, de nombreux filets minces de noyer bordent l’ensemble. À l’intérieur, des perspectives villageoises reprennent l’érable, le prunier et le buis. S’y ajoute aussi un poirier bruni. Un cadre de noyer entoure ces décors, tandis qu’un bandeau de hêtre orne le tableau de la porte.
Une construction remarquable
La construction est d’une qualité remarquable. En effet, ce soin ne se limite pas à la façade : on le retrouve sur le dessus, les côtés, le dos et la structure interne. Ainsi, les caissons des tiroirs, assemblés à très fines queues d’aronde, glissent sur des planchers intermédiaires.
Ce type de cabinet naît en Souabe bavaroise, à Augsbourg, puis se répand dans le Tyrol voisin. En général, les modèles connus sont petits. Il est donc très rare d’en trouver un de cette taille qui garde toutes les caractéristiques d’un cabinet classique.
Les compagnons de la région d’Augsbourg se spécialisent en effet dans les petits coffrets de collectionneur. Ces coffrets accueillent ainsi des curiosités : monnaies antiques, pièces archéologiques, objets précieux ou scientifiques, minéraux ou petits fossiles. Bref, tout ce qui peut former une collection.

La restauration
Paul a réalisé cette restauration. D’abord, il a stabilisé le placage. Ensuite, il a restitué les parties manquantes et nettoyé le cabinet. Enfin, il a repris la finition au poli Roubo.






