Tables gigognes par Émile Gallé

Ebénisterie Mathieu Vath

Restauration d’un ensemble de quatre tables gigognes d’époque Art nouveau, réalisées par les établissements Gallé. D’ailleurs, chaque plateau porte leur signature en marqueterie. Le piétement en hêtre est orné d’un décor naturaliste de branches d’arbres. Par ailleurs, les plateaux présentent des marqueteries de narcisses, de paysages de bord de mer et de chatons qui lapent. Enfin, ces marqueteries associent le frêne, le noyer, l’érable sycomore, le palissandre, l’acajou, la loupe de noyer et l’orme.

Tables gigognes Gallé, restauration

Émile Gallé (1846-1904)

Émile Gallé est une figure emblématique de l’Art nouveau. Il est en effet reconnu comme ébéniste, céramiste et maître verrier.

Né le 4 mai 1846 à Nancy, il grandit dans une famille passionnée par les arts appliqués : son père possède une gobeleterie. Dès son plus jeune âge, il s’intéresse ainsi profondément à la botanique, qui influencera largement ses créations. Après des études secondaires à Nancy, il poursuit sa formation en Allemagne, notamment à Weimar. Il s’y consacre à la minéralogie et au dessin. Puis, en 1866, il apprend les métiers du verre à Meisenthal.

Portrait d'Émile Gallé, attribué à H. Duffray (1889)

Attribué à H. Duffray, Portrait d’Émile Gallé (1889).

En 1870, il rejoint l’entreprise familiale de céramique et de verrerie à Saint-Clément. Ensuite, en 1877, il s’installe définitivement à Nancy, où il fonde sa propre cristallerie. Il y expérimente de nouvelles techniques décoratives, comme la marqueterie de verre. Celle-ci combine ainsi différentes couches de verre pour créer des motifs inspirés de la nature.

En 1885, Gallé se lance également dans le mobilier et ouvre des ateliers d’ébénisterie à Nancy. D’abord, il produit de petits meubles : sellettes, guéridons et tables à thé. Puis, vers la fin des années 1890, il se tourne vers des pièces plus volumineuses, comme des vitrines et des ensembles complets.

Sa renommée internationale s’affirme lors des Expositions universelles de 1878 et 1889 à Paris. Il y obtient d’ailleurs plusieurs distinctions, dont le Grand Prix en 1889. En 1901, il fonde l’École de Nancy avec Victor Prouvé, Louis Majorelle et Antonin Daum. L’école vise ainsi à promouvoir l’Art nouveau et à rapprocher artistes et industriels.

Enfin, Émile Gallé meurt le 23 septembre 1904 à Nancy.

Constat d’état

Encore une fois, un pot de fleurs a causé des dommages. En effet, l’humidité sous le pot a décollé des pièces de marqueterie sur le second plateau. De plus, on constatait quelques manques sur les autres plateaux, ainsi qu’un léger décollement généralisé. Enfin, les quatre tables ne s’emboîtaient plus.

La restauration

Fort heureusement, les ateliers Gallé ont produit ce modèle en série. On trouve donc facilement des images du paysage de bord de mer. Ainsi, je n’ai pas eu à me creuser les méninges pour retrouver les motifs manquants, ni à interpréter un motif inexistant.

D’abord, j’ai démonté les quatre plateaux de leur piétement pour réhydrater et recoller les marqueteries sous vide. Cela m’a aussi permis de réajuster le mécanisme de coulisse, afin que les tables fonctionnent parfaitement ensemble.

Puis, après avoir oxydé les restitutions de placage, j’ai régénéré la finition cirée. Enfin, un léger apport de cire a égalisé la brillance.

Tables gigognes Gallé, après restauration

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