Table à jeux Louis XVI

Ebénisterie Mathieu Vath

Restauration d’une table à jeux de la fin du XVIIIeme siècle (circa 1785) en placages de ronce d’acajou et incrustation de filet de laiton, d’ébène et de Ferréol (bois d’Amérique du Sud portant le nom nom d’un gouverneur de Guyanne du XVII° siècle). Les pieds sont en acajou massif et l’intérieur est plaqué d’ébène et d’os teinté en vert et naturel. Cette table est composé d’un plateau avec une partie recouverte d’un cuir et l’autre plaquée de ronce d’acajou. L’intérieur est composé de deux niches, avec un tiroir de chaque côté, et d’une partie centrale composé d’un jeu de trictrac.

Ebénisterie Mathieu Vath
Avant restauration

Les tables à jeux et le trictrac

Il semble que les tables à jeux apparaissent à la fin du XVIIe siècle, vers 1680. Auparavant elles se font rares; ce sont des échiquiers gravés sur un plateau de marbre, ou marquetés sur le dessus d’une table roulante. Mis à part ces tables rares, on se sert de plateaux ou de coffres que l’on pose sur la table. Nommés “Tabliers”, ces objets étaient fabriqués par des tabletiers.

“Le château de carte”, vers 1740. Huile sur toile. Jean-Baptiste Siméron Chardin (1699-1779). La table à jeu, sur laquelle un jeune garçon s’applique à construire un château de carte, apparaît dans plusieurs tableaux de Chardin dès l’année 1735. Il s’agit d’un meuble très simple, sans doute en bois fruitier, au plateau carré garni d’un drap vert, à la ceinture légèrement mouvementée munie d’un tiroir. Ce type de table à jeux est utilisé pendant tous le XVIIIe siècle. National Gallery. Washington.

“Le château de carte”, vers 1740. Huile sur toile. Jean-Baptiste Siméron Chardin (1699-1779). La table à jeu, sur laquelle un jeune garçon s’applique à construire un château de carte, apparaît dans plusieurs tableaux de Chardin dès l’année 1735. Il s’agit d’un meuble très simple, sans doute en bois fruitier, au plateau carré garni d’un drap vert, à la ceinture légèrement mouvementée munie d’un tiroir. Ce type de table à jeux est utilisé pendant tous le XVIIIe siècle. National Gallery. Washington.

Le jeu du Trictrac existe depuis le moyen-âge, en effet Alphonse X le sage (1221-1284), roi de Castille, en parle dans son  ouvrage : “Livre des jeux” paru en 1263.

Les origines du nom viendraient d’une onomatopée, dont Laurent Somille  en 1738 dans son troisième traité, affirme en citant: “Le trictrac (…) tire son nom dut bruit que font les dames, les dés, et les cornets.” (extrait du “Le grand Trictrac”, Giffert, Paris, 1756, P.1). Une autre hypothèse énoncée dans; (“Le jeu du trictrac comme on le joue aujourd’hui”, chez Charpentier, Paris, 1715, P.4.), propose  une origine du mot grecque pouvant se transcrire “Tris Trakus” qui signifie: trois fois difficile à jouer et comprendre.

De tous les jeux de dés c’est incontestablement le trictrac qui est le plus répandu. La table de trictrac paraît être, au XVIIIe siècle,  la table à jeux par excellence. Elle est rectangulaire, et fait, lorsqu’elle est recouverte de son couvercle, office de table à écrire. Avec son revers garni de feutre, ce dernier donne à la table de trictrac l’usage de table à carte.

Le jeu de trictrac est orné de vingt-quatre figures en pointes sur lesquelles circulent les pions. Vingt-quatre trous sont percés dans les bords du tablier au pied de chacune des vingt-quatre flèches. Trois autres trous sont percés dans chaque bord latéral du tablier. Les bords sont appelés bandes. Les bandes des joueurs présentent chacunes douze trous, les bandes latérales seulement trois.

Traité complet du jeu de trictrac par Guiton, 1822, p. 15
Accessoires du jeu de trictrac, Le Salon des jeux p. 146, Emile Guérin éditeur, s.d. (c. 1900)

Pour faire une partie de trictrac il faut:

  • -Quinze dames noires et quinze blanches.                      -Deux dés et deux cornets à dés.                                        -Trois petits jetons dont l’un appelé bredouille.           -Deux fichets qui parcourent les douze trous des bandes.                                                                      -Un petit drapeau appelé pavillon.

Le jeu de trictrac est un jeu de société et de hasard raisonné pour deux joueurs qui se joue avec des dés. Son intérêt ludique réside dans les multiples combinaisons, dans l’importance des décisions et dans ses règles abouties. Il demande une attention permanente de la part des joueurs que ce soit ou non à leur tour de jouer. Son vocabulaire très riche et qui peut paraître désuet pour ceux que ne pratiquent pas le jeu, se trouve fréquemment dans la littérature française. Le but du jeu n’est pas de sortir ses dames le plus rapidement possible mais de marquer un maximum de points. Les parties se terminent le plus souvent avant que toutes les dames ne soient sorties.


Constat d’état

La structure de la table était en très bon état. Les principales dégradations étaient que, la quasi totalité des filets de laiton se décollaient, et qu’il en manquait quelques-uns. Le plateau était fendu sur toute sa longueur et un ancien flipot avait été mis en place. Malheureusement celui ci sera conservé, car faire une greffe qui soit invisible dans la longueur d’une ronce d’acajou est extrêmement difficile, voir impossible à réaliser. Et le but étant de conserver un maximum du placage existant le choix à été fait de ne travailler qu’en réintégration chromatique.


La restauration

Le travail à donc consisté à recoller l’intégralité des filets de laiton ainsi que les morceaux de placages qui se décollais. La fente du plateau à été bridée en contre parement par un morceau de la même essence que celle existante, c’est à dire du peuplier. Les éléments d’os qui se décollaient ont été recollés à la colle chaude.

Ebénisterie Mathieu Vath
dépose des éléments avant recollage

L’ancien vernis à ensuite été allégé puis repris avec un vernis au tampon incolore.

Ebénisterie Mathieu Vath
Après restauration

Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.