
Restauration d’une commode d’époque Louis XV estampillée J.C Ellaume. Cette commode est plaquée de bois de rose et de palissandre avec des marqueteries florales sur les tiroirs de façade. Le bâti est en chêne et conifère.

Jean-Charles Ellaume, dont le nom s’écrit aussi Allaume, est reçu maître à Paris le 6 novembre 1754. On connaît beaucoup de meubles à son estampille, pour la plupart des commodes Louis XV. Pendant plus de trente ans, dans son atelier de la rue Traversière, il produit de nombreux meubles de qualité. Ce sont surtout des commodes et des bureaux plats, en majorité Louis XV, mais aussi Transition et Louis XVI. On trouve bon nombre de commodes tombeau à traverses apparentes, des petites commodes à deux tiroirs, des bureaux Louis XV. Ils sont plaqués de bois de rose ou de violette, encadré de palissandre ou d’amarante. Les ornementations de bronze sont élégantes, ciselées avec finesse. On peut citer également quelques meubles ornés de marqueteries de branchages fleuris, d’instruments de musique en bois teinté, le tout dans des encadrements de rinceaux. De son temps, Ellaume était considéré comme un excellent ébéniste.
On le voit facilement : il y avait beaucoup de travail. Les panneaux de sapin s’étaient complètement désolidarisés, et les deux côtés ne tenaient plus que par le placage. De plus, le côté gauche avait été replaqué de noyer, sans respecter ni le fil ni la marqueterie d’origine. Une grande partie des colles était déshydratée, et il manquait beaucoup de placage.





J’ai donc démonté entièrement le meuble pour recoller les côtés, en les alésant pour compenser le retrait du bois. J’ai retiré le noyer de l’ancienne restauration et je l’ai remplacé par du palissandre scié, raclé et poncé avant collage, pour ne pas toucher au placage ancien. J’ai recollé les placages des côtés sous vide, à la colle chaude, comme à l’origine. J’ai ensuite recollé toute la commode à la colle de poisson.




















Après un décapage, j’ai rempli la commode à la ponce et oxydé les greffes de placage neuf. Entre deux couches de vernis au tampon, j’ai effectué un bufflage à l’huile d’olive. Enfin, j’ai nettoyé les bronzes au bois de Panama, puis je les ai reposés à leur emplacement d’origine.





