Petit cabinet Anversois en ébène et écaille de tortue

Ebénisterie Mathieu Vath

Restauration d’un cabinet ouvrant par neuf tiroirs à boutons d’ivoire tourné, disposés sur cinq rangs : six petits tiroirs aux rangs supérieurs, un petit tiroir central et deux larges tiroirs en partie basse, chacun simulant deux tiroirs. Le cabinet s’encastre dans un piétement qui ouvre lui-même par un large tiroir en ceinture. Ce piétement repose sur quatre pieds facettés, reliés par une entretoise plate en forme de cadre et ponctués de pieds boules. Ce pied à huit pans caractéristique du mobilier anversois permet de dater ce cabinet vers 1660, à la toute fin de l’époque Louis XIII ou au tout début de l’époque Louis XIV.

L’ensemble est plaqué, sur bâti de chêne maillé (dit « merrain », à débit sur quartier), d’écaille rouge (tortue imbriquée dite caret ou Eretmochelys imbricata) encadrée de moulures et de filets d’ivoire sur fond de placage d’ébène (de Ceylan).

Cabinet Anversois ébène et écaille, avant restauration
Avant restauration

Constat d’état

Outre le décollement des quatre pieds, ce cabinet ne présentait pas de défaut majeur de structure. Il y avait quelques petits manques de placage. Le principal problème était une forte déshydratation des colles sous l’écaille, très épaisse (plus de 2 mm par endroits). Le placage d’ébène présentait aussi de nombreuses fissures et décollements.

La restauration

Sur ce cabinet, nous avons déposé l’intégralité des plaques d’écaille, puis nous les avons recollées à la colle de mammifère. Pour accéder aux plaques des tiroirs, il a fallu retirer les moulures d’ivoire, fixées par de petites chevilles d’ébène. Après avoir nettoyé l’ensemble du meuble, nous avons allégé puis régénéré l’ancien vernis. Nous avons enfin homogénéisé l’ensemble à la gomme laque incolore.

Cabinet Anversois ébène et écaille, après restauration
Après restauration

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