Cette semaine, voici quelques photos de la restauration de cette commode Empire plaquée de ronce d’acajou. Son originalité tient surtout à la qualité de ses bronzes. En effet, avec les colonnes des côtés, ils forment des carquois. Par ailleurs, les entrées de serrure figurent deux branches de laurier croisées, nouées d’un ruban. À l’origine, les bronzes étaient dorés au mercure, comme le montrent les taches de dorure au dos. Malheureusement, il ne reste que quelques traces sur la face visible.


De plus, elle est d’autant plus singulière que je dois bientôt restaurer un secrétaire aux mêmes bronzes et au même placage.


Pourtant, mes recherches pour l’attribuer à un ébéniste sont restées vaines. En revanche, j’ai trouvé deux autres meubles aux mêmes bronzes à carquois : un semainier et une console. Cet ensemble faisait-il donc partie d’une commande particulière, pour meubler un ménage ? Ou bien s’agit-il de la signature de l’ébéniste qui les a réalisés ? Le mystère reste entier.


Constat d’état
Quant à l’état du meuble, il présente quelques manques de placage, des assemblages décollés, des côtés fendus et un vernis taché et encrassé.









La restauration
D’abord, les assemblages ont été recollés par injection de colle de poisson, pour rendre sa rigidité au meuble. Ensuite, j’ai réalésé au chêne les panneaux arrière, du haut et du bas. Puis les côtés ont été consolidés en contre-parement, et leurs fentes comblées à la résine. Comme il manquait quelques morceaux de moulure aux pieds, je les ai taillés dans un vieux morceau d’acajou de Cuba. Ils sont d’ailleurs marqués « EMV 2020 » en contre-parement, pour assurer la traçabilité de la restauration.
Pour les plus grandes greffes, j’ai utilisé du placage scié de ronce d’acajou. En revanche, les plus petits manques ont simplement été rebouchés, pour ne pas enlever de matière inutilement. Ensuite, l’ancien vernis a été repris à la ponce et à l’alcool. Puis les greffes ont été oxydées et les bouchages de fente repris à l’aquarelle. Enfin, une tamponnée de vernis incolore a homogénéisé la finition.
Par ailleurs, les bronzes ont été décirés, puis nettoyés à l’eau chaude et au bois de Panama. Enfin, le marbre gris Sainte-Anne a été nettoyé, puis reciré au tampon.




Pour voir les restaurations précédentes : https://ebenisterie-mathieuvath.fr/en-ce-moment-a-latelier/


Vraiment du beau travail de restauration.
Merci