
Travail de restauration-conservation sur ce rare bureau à rideau d’époque Louis XVI estampillé de Jean-Chrysostôme Stumpff. (1731 – 17 janvier 1806), reçu maître le 27 août 1766.

Originaire de Schweigern, en Souabe (Allemagne), il se marie en 1760 à Paris, à l’ambassade de Suède, comme la plupart de ses compatriotes de religion réformée. Son témoin est d’ailleurs son confrère ébéniste Ferdinand Schwerdfeger.
Dans son atelier de la rue Saint-Nicolas, il réalise quelques meubles Louis XV, mais surtout un grand nombre de meubles Transition et Louis XVI. La production de Stumpff ne se distingue pas par des prouesses de marqueterie ou d’ébénisterie, mais par sa grande sobriété et son excellente fabrication.
Ses ouvrages sont revêtus de placages souvent disposés à fils contrariés ou en ailes de papillon.
BIBLIOGRAPHIE
- Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle – Pierre Kjellberg – Les Éditions de l’Amateur – 2008
- Les ateliers parisiens d’ébénistes et de menuisiers aux XVIIe et XVIIIe siècles – Guillaume Janneau – Éditions Serg – 1975

Ce bureau correspond tout à fait à la production de Stumpff. Il est entièrement en chêne massif plaqué de bois de rose, d’amarante et d’un léger filet de buis. L’abattant sur lequel est collé un cuir est plaqué de satiné.
Hormis un petit manque de satiné et le rideau en mauvais état, ce bureau est parfaitement conservé. Les bronzes sont encrassés mais la dorure est bien présente.







J’ai donc choisi d’intervenir le moins possible et de conserver au maximum.
J’ai recollé à la colle de poisson les quelques morceaux de placage décollés, ainsi que les assemblages.



Le rideau, lui, avait déjà été restauré. Les lames étaient reliées par une cordelette encollée dans une rainure, cassée sur presque toutes les lames. Le précédent restaurateur avait donc collé des sangles tapissières. Mais elles aussi s’étaient usées, et elles étaient coupées par endroits.
Pour n’effacer aucune trace de l’histoire du meuble, j’ai collé à la colle chaude de nouvelles bandes de sangle. Je les ai signées et datées « EMV 2020 », pour assurer la traçabilité des restaurations.

Pose de sangles avec marquage
J’ai entièrement repris le vernis, avec quelques gouttes du vernis de retouche décrit par Dessaignes dans son ouvrage de 1861 « Les secrets du menuisier ébéniste : manuel de poche de l’artiste et de l’amateur (2e édition)«
J’ai simplement nettoyé les bronzes au bois de Panama.




