La commode de l’ingratitude

Ebénisterie Mathieu VATH

Cette année, pour la deuxième année consécutive, les Journées du patrimoine permettaient de visiter une partie des réserves et les ateliers de restauration du mobilier national.

Ainsi, l’édition 2019 exposait la commode de « l’ingratitude ». Cette commode a d’ailleurs une histoire bien particulière.

Commode de l'ingratitude, Mobilier national
Ainsi, la commode de l’ingratitude – Réserve Perret – Journées du patrimoine 2019

La Couronne la commande, et elle est livrée le 13 juillet 1789, veille de la prise de la Bastille. Son créateur est l’ébéniste Pierre-François Guignard, reçu maître le 21 janvier 1767. Or, payé par le Garde-Meuble le 13 juillet, il prend dès le lendemain une part active à la Révolution. Il s’illustre notamment lors de la prise de la Bastille. Revers de la médaille : il finira pourtant sur l’échafaud après la chute de Robespierre.

On peut donc considérer cette commode comme le chef-d’œuvre de Guignard.

De style Louis XVI, elle porte en effet un décor de laque de Chine à paysages et oiseaux. Par ailleurs, ses colonnes d’angle figurent des faisceaux de licteur, symbole révolutionnaire et précurseur de la République. Enfin, des cannelures de cuivre garnissent ses pieds, et ses frises de draperies sont en bronze.

Mais cette commode traîne sa mauvaise réputation. Ainsi, hormis quelques expositions, elle n’a jamais quitté le Mobilier national.

Image – Mobilier National

Bibliographie – Le Mobilier français du XVIIIe siècle, par Pierre Kjellberg

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *