
Ne vous fiez pas aux entrées de serrure Directoire de ce cabinet : il date bien de la fin du XVIIe siècle, voire du début du XVIIIe. Ces entrées ne sont évidemment pas d’origine. Le meuble conserve d’ailleurs peu d’éléments d’origine, hormis les tiroirs, la structure et le piétement. Le placage de la façade, des côtés et du dessus a été modifié. On voit très bien que les serrures ont été changées et les anciennes entrées rebouchées.
Sa structure est en merisier, sapin et peuplier massifs. Il est plaqué de merisier, de noyer, de bois de violette et de palissandre.





Les principales dégradations sur ce meuble se trouvent sur la marqueterie. Il y a quelques manques sur les tiroirs, une grande partie des placages se décolle et le plateau du dessus est fortement déformé.




En commençant la restauration, je me suis demandé pourquoi il n’y avait plus du tout de colle par endroits, et pourquoi le bois était brûlé, sous le placage comme en surface.




La réponse est venue avec la dépose du placage du dessus, et l’explication est simple. Pour coller des marqueteries à la colle chaude, les ébénistes réchauffaient le bois près d’une « sorbonne » ( nom que les ébénistes donnent à la cheminée où ils font fondre la colle, chauffer les fers à coller et aussi chauffer les bois qui doivent être collés. L’âtre de cette cheminée est élevé : entre 80cm et 1m au dessus du sol ). On peut donc en conclure que les panneaux de ce cabinet sont restés un peu trop longtemps près du feu, et que le placage a commencé à brûler par en dessous lors du collage. Cela ne se voyait sans doute pas en parement à la fabrication. Mais les restaurations et les ponçages successifs ont aminci le placage, et les brûlures sont apparues.





Pour corriger la déformation du plateau supérieur, j’ai déposé le placage afin de travailler les panneaux de sapin. Je les ai réaplanis, refendus et rabotés à 2 mm d’épaisseur. Je les ai ensuite recollés en sandwich sur un contreplaqué de 5 mm, pour conserver les traces d’outils et la croûte extérieure.


J’ai recollé les assemblages et la structure à la colle de poisson, et toutes les parties plaquées par infiltration de colle. J’ai remis en place les entrées et les serrures existantes, car il est impossible de savoir précisément ce qu’il y avait à l’origine. Il n’y avait probablement pas d’entrée de serrure ou alors une simple entrée en fer.










