Billet Doux Majorelle

Ebénisterie Mathieu Vath

Félicitations à Léo, stagiaire à l’atelier ! Il a réalisé ici sa première restauration. Il s’agit d’un secrétaire de dame, aussi appelé billet doux, estampillé Louis Majorelle.

Billet doux Majorelle, avant restauration
Avant restauration

Billet doux

Le billet doux apparaît en France à la fin du XVIIIe siècle. Il se développe surtout sous Louis XVI, puis sous la Restauration. C’est un meuble intime et raffiné, conçu pour la correspondance. On le place donc souvent dans un boudoir ou une chambre. Plus tard, au début du XXe siècle, Louis Majorelle contribue à le remettre au goût du jour.

Estampille Louis Majorelle
Estampille Majorelle Nancy

Louis Majorelle

Louis Majorelle naît à Toul en septembre 1859 et meurt à Nancy en janvier 1926. Fils du fabricant de meubles Auguste Majorelle, il montre très tôt un goût pour l’artisanat et le dessin. Il entre donc à l’École des Beaux-Arts de Nancy. Ensuite, en 1877, il rejoint l’atelier d’Aimé Millet aux Beaux-Arts de Paris. À la mort de son père, Louis et son frère Jules reprennent l’entreprise familiale. Elle fabrique alors des meubles et des faïences. Louis en prend la direction artistique, puis ouvre plus tard son propre magasin à Nancy. Aujourd’hui encore, il reste une figure majeure de l’Art nouveau nancéien.

Des copies Louis XV à l’Art nouveau

Au début, Louis Majorelle se forme auprès des ouvriers de son père. Quelques années plus tard, il est prêt à diriger la maison. Dès lors, il rend hommage aux meubles paternels avec des copies de style Louis XV. Celles-ci rencontrent d’ailleurs un immense succès. Il expose plusieurs fois ses créations. En 1889, il reçoit même une médaille d’argent à l’Exposition universelle de Paris.

Très vite, cependant, Majorelle s’affranchit de ces modèles et trouve son propre style. À la fin des années 1890, il s’intéresse au travail d’Émile Gallé, verrier et ébéniste. Il adopte alors l’Art nouveau. Son esthétique devient fluide, naturaliste et symboliste. Ainsi, tiges, nénuphars, chardons et libellules s’entrelacent sur ses meubles. Par ailleurs, dès 1897, il crée un atelier de métal pour fabriquer les bronzes de ses meubles et de ses luminaires. Enfin, il présentera aussi des céramiques et des verreries.

Constat d’état et restauration

La finition à la gomme laque était entièrement chancie. On notait aussi quelques défauts mineurs : manques de placage, éclats aux pivots de l’abattant et morceau de moulure absent sur la traverse basse. D’abord, Léo a comblé les manques avec une essence adaptée, en accordant le fil et le grain. Puis il a taillé une greffe de noyer massif qui suit la courbe de la moulure. Enfin, il a décapé le meuble et appliqué une finition cirée.

Billet doux Majorelle, après restauration
Après restauration

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