Restauration d’une table en noyer massif à décor marqueté « aux caprice architecturaux » et « aux herbes folles », originaire du Tyrol Autrichien du milieu du XVIIe siècle. Cette pièce repose sur quatre pieds tournés en torsades, agrémentés de pieds en boules aplaties, reliés entre eux par une entretoise en X. Elle s’ouvre par un large tiroir de façade et est surmontée d’un plateau de forme rectangulaire.





Ce plateau est orné d’une bordure en palissandre, suivie de bandes délimitées par de larges filets en chêne des marais, eux-mêmes encadrés de buis. Ces éléments végétaux dessinent des réserves géométriques en forme de cœur, motif traditionnellement associé à l’Europe protestante, ainsi que des rectangles et des figures oblongues.

Ces réserves sont ornées d’un décor de marqueteries d’une grande richesse, mettant en valeur des perspectives architecturales typiques du style d’Augsbourg. Ce décor, bien que rappelant les marqueteries « à l’italienne », se distingue par ses motifs de perspectives villageoises abandonnées, où se dessinent des herbes sauvages.

La sélection des bois employés dans la production repose principalement sur des essences indigènes, telles que le poirier, le pommier, l’érable sycomore, le buis, le chêne des marais et l’épine-vinette. L’intégration d’essences exotiques, notamment le palissandre et l’ébène, enrichit la palette de matériaux disponibles. Cette diversité de bois permet d’obtenir une large gamme de tonalités, modulées par l’application de techniques de sciage variées (placages de fil, de biais ou de bout) et de traitements colorimétriques multiples (au naturel, teintés, ombrés ou brûlés).

Le panneau central, flanqué de deux imposants griffons héraldiques, présente une composition de nature morte aux instruments de musique, intégrant des éléments végétaux naturels caractéristiques du Sud de l’Allemagne, notamment des rosiers grimpants teints en vert et ocre. Des incrustations en éventail d’ivoire et d’ébène, disposées aux écoinçons, confèrent un éclat supplémentaire à l’ensemble.

Les ceintures de la table sont également plaquées, mais seuls les dés de raccordement et le tiroir de façade sont ornés d’un riche décor marqueté de rinceaux de feuillages en buis clair et ombré, agrémentés de fleurs en épine-vinette. À l’instar du parement de tiroir, qui présente deux tons de marqueterie contrastés et un bouton de préhension en ivoire incrusté d’ébène, le piétement est rythmé par une opposition de couleurs entre le clair des parties tournées en noyer massif et le foncé des dés marquetés de volutes végétales en buis sur fond de chêne des marais, bordés de palissandre. Cet aspect lumineux se prolonge sur l’entretoise plaquée de noyer et marquetée de buis sur fond de sycomore ombré.

Au centre de cette pièce, un médaillon se distingue par la délicatesse et l’élégance de son décor, représentant deux angelots soutenant un dais couronné au-dessus d’un phénix. Le piètement est réalisé en noyer, tandis que le plateau et l’entretoise sont sur âme de sapin. Le caisson du tiroir est en chêne.




