Avec cette armoire à outils, je voulais explorer et mettre en pratique plusieurs pistes sur lesquelles je faisais des recherches.
L’une d’elles : m’attaquer à la technique de marqueterie d’un célèbre ébéniste du XVIIIe siècle, David Roentgen. Cette « marqueterie à la mosaïque » consiste à découper une seule feuille de placage par sciage conique. On colore ensuite chaque pièce en la trempant dans une teinte choisie.
Il y avait toutefois deux difficultés : le sciage conique, délicat sur un placage de 0,6 mm, et la coloration des bois.



Quand je fais une marqueterie, j’aime repositionner chaque pièce sur un exemplaire du dessin. Cela me permet de visualiser le rendu une fois la découpe terminée.

Le plus dur a été la mise en teinte. Je voulais reproduire le procédé du XVIIIe siècle. J’ai consulté plusieurs ouvrages de l’époque, dont le Roubo, puis fait plusieurs essais jusqu’au résultat que vous voyez. Certaines teintes sont simples, comme le marron foncé, à base de brou de noix. D’autres sont plus complexes et originales, comme une variante du rouge à base d’urine et de crottin de cheval. Je ne vous raconte pas l’odeur !



Une fois sec, je colle le placage sur un papier à la colle chaude, puis je découpe le contour de la marqueterie.



Tout ne s’est pas parfaitement passé : le colorant bleu a migré sur le fond. Peut-être à cause du séchage du placage, ou du collage à chaud. L’expérience est à refaire pour comprendre.
Et voilà le résultat après ponçage :


