Cabinet fin du XVIIe siècle

Ebénisterie Mathieu VATH
Ebénisterie Matheu VATH
A son arrivée à l’atelier

Ne vous fiez pas aux entrées de serrure directoire de ce cabinet car il est bien de la fin du XVIIème siècle voir du début XVIIIème. Les entrées de serrure ne sont bien évidemment pas d’origine. D’ailleurs, il y a très peu d’éléments d’origine sur ce meuble à part les tiroirs, la structure et le piétement. Le placage de face, les côtés et le dessus ont été modifiés. Nous voyons très bien que les serrures ont été changées et que les entrées ont été rebouchées.

Ce meuble est entièrement en merisier, sapin et peuplier massif pour la structure et plaqué de merisier, noyer, bois de violette et palissandre.

Les principales dégradations sur ce meuble se trouvent sur la marqueterie. Il y a quelques manques sur les tiroirs, une grande partie des placages se décolle et le plateau du dessus est fortement déformé.

Lorsque j’ai commencé à restaurer ce meuble je me suis demandé pourquoi il n’y avait plus du tout de colle à certain endroit et pourquoi le bois était brûlé sous le placage et en surface à certains endroits.

La réponse m’a été donnée lors de la dépose du placage du dessus et l’explication est simple. Pour coller des marqueteries à la colle chaude les ébénistes réchauffaient le bois près d’une « Sorbonne » ( nom que les ébénistes donnent à la cheminée où ils font fondre la colle, chauffer les fers à coller et aussi chauffer les bois qui doivent être collés. L’âtre de cette cheminée est élevé : entre 80cm et 1m au dessus du sol ). Nous pouvons donc en conclure que, les panneaux de ce cabinet sont restés un peu trop longtemps près du feu et ont commencé à brûler le placage par dessous lors du collage. Chose qui ne devait pas forcément se voir en parement lors de la fabrication mais qui a commencé à apparaître lors des précédentes restaurations et des ponçages successifs qui ont aminci le placage et donc révélé les brûlures.

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Brûlure de l’âme visible après dépose du placage
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Vue du montage à queues d’arondes
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Ces traces de fer à dent espacées d’environ 12 stries pour deux centimètres permettent de les dater de la fin du XVII – début XVIIIe siècle
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Traces de fer à dent du XIXe siècle
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Papier manuscrit encollé sous le placage d’un tiroir

Pour remédier à la déformation du plateau supérieur il a donc été décidé de déposer le placage pour travailler sur les panneaux de sapin. Ceux-ci ont été ré-aplanis, puis re-fendus, rabotés à une épaisseur de 2 mm et re-plaqués en sandwich sur un contreplaqué de 5 mm afin de conserver les traces d’outils et la croûte extérieure.

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Dépose du placage
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Placage du plateau sur cale tendue avec greffes

Les assemblages et la structure ont été recollés à la colle de poisson. Toutes les parties plaquées ont été recollées par infiltration de colle. Les entrées et les serrures existantes ont été remises en place car il est impossible de savoir précisément ce qu’il pouvait se trouver à l’origine. Il n’y avait probablement pas d’entrée de serrure ou alors une simple entrée en fer.

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Après restauration

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